Rencontre imprévue

(intégral)
samedi 2 décembre 2023
par  Sylvain de Perry
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Catherine se regarde dans le grand miroir de la chambre de l’hôtel Mornington Victoria de Londres où elle vient de se doucher après une harassante journée de travail. À trente ans, divorcée depuis onze mois, son corps est toujours très attirant. Chevelure blonde, courte, front dégagé, yeux bleus, bouche large aux lèvres fines, mais pas trop. Ses seins se passent aisément de soutien-gorge. Ses mains se portent vers les pointes fines, jouent avec les mamelons qui durcissent.
La glace lui renvoie un sourire espiègle. Ses mains lâchent sa poitrine et suivent son ventre plat, musclé par la gymnastique qu’elle s’impose dès qu’elle est chez elle en France. Pas ce soir : elle est à Londres. Les doigts glissent jusqu’au sexe, complètement imberbe, ce qui excite toujours les hommes et elle-même.
Catherine se tourne, regarde ses fesses pommées qu’elle trouve un peu grosses, puis cette liaison bien marquée avec ses cuisses, comme une rupture.
Elle repasse dans sa chambre, bien décidée à passer la nuit avec un homme, ce qui ne lui est pas arrivé depuis… longtemps. Elle se sert de son portable pour réserver une table à un restaurant qu’elle connaît parfaitement et où elle a des chances de trouver ce dont elle a envie pour la nuit.
Elle choisit un string de cuir bleu, un chemisier blanc, son pantalon de cuir bleu marine qui la moule parfaitement. Comme les soirées sont encore fraîches en ce mois d’avril, son manteau de laine lui semble parfaitement adapté.
Sa taille d’un mètre soixante-seize évite à Catherine de porter des chaussures à talon.
Petit sac à l’épaule sous le manteau, elle décroche le téléphone sur la table de nuit, demande un taxi à son interlocutrice dans un anglais dépourvu du moindre accent étranger. Elle a passé trois ans à Oxford pour ses études. Elle vérifie sa tenue et descend au rez-de-chaussée par l’escalier.
Clef magnétique en poche, elle monte directement dans le taxi qui stationne Gloucester Road.
Le restaurant est éloigné, d’où le taxi.
Quand Catherine pénètre dans le restaurant, le maître d’hôtel s’avance vers elle, un grand sourire aux lèvres, la salue :
– Quelle surprise, Madame Catherine ! Ça fait bien un an ?
– Quatorze mois, bonsoir, John. Où m’avez-vous placée ?
– Si ce n’était pas vous, nous ne vous aurions pas acceptée. Nous sommes complets. Une de mes habituées a accepté de vous prendre à sa table.
– Parfait, John.
– Par ici, Madame.
L’homme aux cheveux blancs, qu’elle connaît depuis ses études, la conduit vers le fond de la salle jusqu’à une table où une jeune femme, d’à peine vingt ans, les regarde approcher. L’homme fait les présentations :
– Karin, voici Catherine.
Les deux femmes se saluent alors que John tire la chaise afin que l’arrivante s’asseye.

Une fois ses plats choisis, Catherine dit :
– Je vous remercie, Mademoiselle…
– Je vous en prie, appelez-moi Karin. Je vous appellerai Catherine.
– Bonne idée… Car sans vous, je ne pouvais pas dîner ici.
Karin, d’un geste de la main, balaie les remerciements à venir. Brune, les cheveux coupés à la garçonne, yeux noirs, visage sévère avec une bouche aux lèvres minces, comme si elles étaient scellées. Catherine pense qu’elle est étudiante, le lui demande. Karin éclate d’un rire silencieux, répond :
– Mauvais choix. Je suis violon solo au London Symphonic Orchestra…
– Si jeune ?
Le compliment ne trouble pas Karin, qui dit :
– Je suis diplômée de la Royal Academy of Music. Même si vous parlez parfaitement l’anglais, je présume que vous n’êtes pas…
Catherine, alors qu’elle sent le mollet de sa vis-à-vis adhérer au sien, coupe :
– En effet : française. Vous non plus…
Elle recule sa jambe, mais la jeune femme reprend le contact, répond :
– Suédoise. Votre curiosité insistante vous vaudrait une fessée si nous nous connaissions un peu mieux. Paris ?
Catherine rougit, se lève, quand même embarrassée, dit :
– Oui. Excusez-moi…
Pour se donner une contenance, elle se dirige vers les toilettes, pense : « Allons bon ! Je pensais trouver un homme, une femme me drague. Je ne m’attendais pas à ça… »
Catherine se lave les mains, se sent étonnement troublée par le contact… électrique provoqué par la jambe de la jeune femme. Une excitation inattendue s’est immiscée en elle, ajoutée à la promesse d’une fessée. LIRE LA SUITE




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