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I
Norbert, quarante ans, homo affirmé depuis ses dix-huit ans, grand blond d’un mètre quatre-vingt-cinq, passif par choix, actif par envie irrégulière, quatre-vingts kilos, imberbe par rasage régulier, fesses rondes presque féminines, bite de dix-huit centimètres.
Après avoir rendu sa Jeep au guichet Avis de l’aeroporto Guglielmo Marconi de Bologna (Région Émilia Romagna d’Italie), Norbert se dirige tout naturellement vers le salon business du premier étage, consulte une des horloges, 14 h 45. Il va attendre jusqu’à 17 h 15 pour embarquer sur le vol AF1329 à destination de CDG.
Il tend son billet au préposé qui le salue. Abonné, il vient souvent dans ce salon. Les deux hommes échangent quelques mots avant que Norbert cherche une place.
La vue du jeune homme assis près d’une des grandes vitres à droite le surprend. Ils ont voyagé dans le même vol l’avant-veille. Même si, par habitude, il choisit une place isolée, voir le pantalon de cuir noir qui moule les jambes du garçon excite Norbert qui s’approche, demande en français :
– Bonjour, Monsieur, puis-je m’asseoir ici ?
Le jeune homme lève les yeux de son P. C., reconnaît le demandeur, accepte d’un ton enjoué :
– Nous nous sommes supportés à l’aller, nous n’allons pas nous bagarrer au retour.
Norbert sourit, pose sa mallette et range sa valise cabine derrière le siège, tend la main :
– Norbert, enchanté.
– Claudio, piacere.
L’arrivant comprend que le jeune homme est, sinon italien, du moins d’origine, bien qu’il ait parlé en français sans aucun accent.
Comme il est debout, Norbert propose en italien :
– Vuole un caffe ?
– Avec plaisir, merci.
Les boissons et mets sont gratuits.
De retour avec les boissons sur un plateau, Norbert le dépose sur la petite table entre eux.
Trente-quarante minutes plus tard, après une discussion cordiale entre eux, Claudio et Norbert se tutoient, le second avoue :
– C’est ton pantalon de cuir qui m’a attiré, même si voyager ainsi est un peu risqué.
Le premier reconnaît :
– J’adore le cuir, je ne traite mes soumis qu’en cuir. Quant au risque, ton attirance est la preuve que non.
– Tes soumis… n’est-ce pas présomptueux à ton âge ?
Claudio éclate de rire :
– Oui. Mais toujours un seul à la fois. Et avant que tu ne me le demandes : je suis libre depuis hier, c’est ce que je suis venu régler… définitivement à Bologna.
Norbert renchérit :
– Comme moi… libre depuis un mois.
– J’ai raté l’AF1829 de dix minutes. Devais-tu l’emprunter aussi ?
– Pas du tout. Je prends toujours celui de 18 h, ça me laisse le temps de me détendre après mes rencards professionnels.
Claudio fronce les sourcils, durcit son regard en vérifiant qu’une oreille attentive ne soit pas trop proche, tend sa main ouverte vers Norbert :
– Je la veux remplie de ton slip dans trois minutes. LIRE LA SUITE
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